Actu « Septembre-Octobre » 2017

CLIMAT

Leonardo SFERRAZZA, Président fondateur

Le réchauffement climatique planétaire.

Le risque d’hier était déjà un danger, il est devenu réalité aujourd’hui.

Des tubes de glaces (carottes) prélevées à différentes profondeurs des couches glacées des sols des Alpes, du Pôle Sud ou de l’Arctique ont révélé de l’air emprisonné à l’époque de leur formation. Analysées scientifiquement, celle-ci ont permis de connaître l’évolution climatique de notre atmosphère.

C’est dans les années 1980, alors que la température avoisine régulièrement les -50°C avec des minima pouvant atteindre -89°C, que le Français Claude Lorius découvre un véritable trésor : des centaines de carottes remontées de plus de 2000m de profondeur, soit les archives glaciaires d’un voyage de plus de cent mille années. Leur étude a alors largement conforté la théorie du réchauffement climatique.

Les habitants de nombreux pays ont déjà appris à vivre avec un climat qui n’a plus rien à voir avec celui d’il y a seulement quelques générations. Ils s’adaptent pour survivre… alors que moins d’un demi-siècle plutôt toutes les alarmes avaient déjà été tirées…

Les « expatriés environnementaux »

Les déplacements de populations à grande échelle existent depuis l’antiquité. Si le phénomène est ancien, paradoxalement le phénomène météorologique extrême est quant à lui nouveau.

Confusion entre deux types de déplacements de populations, découlant d’une part de catastrophes climatiques et d’autre part d’opportunités économiques.

Les déplacements de populations induits par des phénomènes météorologiques extrêmes sont provoqués dans leur grande majorité par des catastrophes liées aux aléas climatiques : catastrophes d’origines atmosphérique ou hydrologique, (ouragans, cyclones, inondations par ruissellement ), qu’il ne faut pas dissocier des  catastrophes d’origines géologiques,  (tsunamis, éruption volcaniques et séismes phénomènes de retrait-gonflement de l’argile).Quand bien même ces catastrophes d’origines géologique sont totalement étrangères aux modifications climatiques, leurs conséquences restent similaires pour les peuples et les états touchés qui doivent supporter, en plus de tout cela, les catastrophes de pénuries et de stress hydriques, (sécheresse,  assèchement des lacs et nappes phréatiques souterraines).

A ces changements climatiques, il faut ajouter l’activité de l’homme ; ainsi la désertification et l’appauvrissement des sols du fait d’une surexploitation du milieu naturel a-t-elle contribué à aggraver cette situation, provoquant du même coup des déplacements d’opportunités économiques et non pas d’expatriés environnementaux.

Selon l’ONU, les catastrophes naturelles toujours plus fréquentes ont tué environ 600 000 personnes en 20 ans : sécheresses anormales sur des périodes longues, pluies et inondations, tempêtes et ouragans. Selon une étude de l’Observatoire des Situations de Déplacements Internes (IDMC) du Conseil Norvégien pour les Réfugiés, le réchauffement climatique planétaire a entrainé un phénomène de migration humaine.

Pour le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC), acquis à la thèse du réchauffement climatique d’origine anthropique, 150 à 200 millions de réfugiés, appelés aussi déplacés environnementaux potentiels seraient attendus en 2050 – soit l’équivalent de plus de 1,5 % de la population mondiale !

La conférence Rio+20 (Sommet de Rio+20 en référence au sommet de Rio de 1992) a été elle aussi une « catastrophe », car le texte dont elle avait accouché était des plus consensuels et ne présageait pas d’une réelle prise de conscience décisive face aux défis environnementaux auxquels la planète doit encore et toujours faire face. A cette époque, une forme d’omerta s’était installée sur la question des flux migratoires déjà annoncés à l’époque, provoqués par les bouleversements climatiques.

… « Une nouvelle catégorie de migrants, les réfugiés environnementaux, est apparue, faisant dès aujourd’hui de la lutte contre le changement climatique un impératif de solidarité humaine dans un monde divisé. » (Professeur Alain Nonjon, collaborateur du site Diploweb.com).

Sources Novethic du 28 septembre 2015 Le Média Expert de l’Economie Responsable

 Autre catastrophe induite par le réchauffement climatique : la crise sanitaire

L’impact sur le globe est également sanitaire. De nouvelles bactéries endormies, de tailles encore jamais vues, resurgissent. Des maladies du Moyen Âge apparaissent dans les régions sous-développées et un réchauffement planétaire de 2 à 3 °C pourrait augmenter le nombre d’habitants exposés au paludisme, mais aussi à des maladies diarrhéiques.

Autre catastrophe induite par le réchauffement climatique : la crise alimentaire

 La Banque Mondiale a récemment tiré la sonnette d’alarme. Le changement climatique accroît l’insécurité alimentaire pour les pays pauvres. Avec un impact particulièrement fort sur le continent africain où le changement climatique pourrait faire flamber les prix alimentaires jusqu’à 12 % en 2030, selon l’institution.

La multiplication des dérèglements mais aussi des changements météorologiques augmente comme la fréquence des catastrophes naturelles. En 2010 la tempête Xynthia a frappé l’ouest de la France dans la nuit du 27 au 28 février, faisant 47 morts dont 29 personnes uniquement sur la commune de La Faute-sur-Mer en Vendée. Le cyclone Katrina en août 2005, à lui seul, avait jeté brutalement sur les routes des Etats Unis plus de 1.5 million d’Américains. Katrina était un des ouragans les plus puissants qui ait frappé les États-Unis. Accompagné de vents dépassant 220 km/h, ce cyclone de catégorie 5 s’est abattu fin août 2005 sur la Louisiane, le Mississippi, l’Alabama et l’ouest de la Floride, faisant des milliers de morts. La même année, en septembre 2005, Rita était lui-aussi un ouragan de catégorie 5 après être entré dans le Golfe du Mexique. Il a touché les côtes est du Texas et de l’ouest de la Louisiane le 24 septembre 2005, vers deux heures du matin heure locale, avec des vents de 200 km/h en rafales. Wilma, 22e tempête tropicale de la saison cyclonique en 2005, est le douzième ouragan enregistré en 2005 et le quatrième de catégorie 5 de la même année faisant de nombreuses victimes.

En 2016, le puissant retour d’El Niño promettait encore davantage d’évènements météorologiques et d’autres phénomènes dévastateurs.

En 2017, monté jusqu’à 5 sur l’échelle d’intensité des ouragans, Harvey, s’est renforcé sur son trajet dans le Golfe du Mexique et frappe, sur sa route, le Texas aux Etats-Unis : le 25 août, il a touché terre près de Corpus Christi et longé la côte Atlantique vers Houston, plus grande ville de l’État avec 3,2 millions d’habitants. A partir du 27 août, plusieurs zones de Houston ont été inondées pendant plusieurs jours en raison d’une pluie incessante. Il a fait au moins 42 morts et causé des dégâts estimés entre 30 et 100 milliards de dollars. C’est le plus puissant ouragan à accoster les États-Unis depuis Katrina en 2005.

Ces anomalies statistiques, à l’ampleur sans précédent, sont-elles des conséquence du réchauffement planétaire et d’autres changements climatiques?

La corrélation évidente ne prouve pas nécessairement une causalité, d’autant que certains des effets – aussi extrêmes soient-ils – sont cycliques. Au-delà de ces causes réelles, le réchauffement climatique accélère les menaces et amplifie les risques déjà existant de migration de grande envergure induit par les « catastrophes d’origines atmosphériques ou hydrologiques, d’origines géologiques, de pénuries et de stress hydriques »

Les « politiques » se sont emparés de ce « fameux » 2°C devenu le fer de lance « politique » de la lutte contre le réchauffement climatique. Certains même en on fait un sujet de « diplomatie parfaite » pour briller le temps d’une « COP 21 » organisée à Paris du 31 novembre au 15 décembre 2015.

…Mais ce que l’on nous cache, c’est qu’en vérité, ce 2°C est apparu en termes d’objectif pour la première fois dès 1977…

Le premier à avoir alerté la communauté scientifique sur le danger que représentait à l’époque une hausse de plus de deux degrés est économiste et non pas climatologue. Né le 31 mai 1941 à Albuquerque au Nouveau Mexique, professeur d’économie à l’université de Yale, William Nordhaus mentionnait dans un article de 1977 ce chiffre comme une hausse critique des températures en se basant sur l’évolution des températures de ces 100 000 dernières années. Ces 2°C furent ensuite mentionnés en 1990, lors d’une étude scientifique de l’Organisation Météorologique Mondiale et ce, malgré les connaissances climatiques limitées de l’époque. Cette étude concluait que deux degrés Celsius constituait la « limite supérieure au-delà de laquelle de graves dommages seront causés aux écosystèmes« .

La même année (1990), l’Institut pour l’Environnement de Stockholm arrivait à la même conclusion et déclarait que ces deux degrés devraient être le « réchauffement maximal que les décideurs politiques devraient permettre« . Et pourtant de 1977 à 1990, soit pendant une période de 13 années, ces 2°C constituaient une limite entre « l’acceptable » et le « non acceptable ». En l’espace d’à peine plus d’une génération, c’est-à-dire depuis 1990, des avancées majeures dans l’étude climatologique ont permis une meilleure lecture, une meilleure compréhension des phénomènes climatiques.

Un rapport de la Convention Cadre des Nations Unies pour le Changement Climatique (CCNUCC) indique que l’objectif des 2°C présente des risques majeurs pour les écosystèmes. Selon ce rapport, fruit d’un dialogue de deux ans entre plusieurs scientifiques climatiques et les négociateurs, cet objectif est « inadéquat« . À 2°C, le rythme des changements climatiques « deviendrait trop rapide pour que certaines espèces puissent migrer« , la montée du niveau des océans à long terme « pourrait excéder un mètre« , le réchauffement et l’acidification de ceux-ci deviendraient élevés, sans parler des risques importants qui pèseraient sur la productivité agricole.

Le rapport de la CCNUCC conclut qu’il serait préférable de « considérer le seuil des 2°C comme une limite supérieure, une ligne de défense qu’il faut maintenir coûte que coûte ».

Sources Novethic du 28 septembre 2015 Le Média Expert de l’Economie Responsable

En 2005, le chiffre a été repris comme un seuil « limite » accepté d’une seule voix par les 25 chefs d’État de l’UE réunis au sein du Conseil Européen.

En 2011, une équipe néerlandaise développait un scénario compatible avec cette donnée (« RCP 2.6 ») et la même année le GIEC intégrait celle-ci dans son 5ème rapport d’évaluation.

(Voir RCP et autre définition en bas de page.)

…In fine, les 2°C se sont imposés en termes de dénominateur d’objectif commun depuis sept ans. Un accord d’objectif incontesté, incontestable, atteignable et en phase avec la science sur lequel s’appuient désormais toutes les parties prenantes. Mais hélas, au cours des négociations multilatérales d’une COP 21 engageant 196 parties (195 Etats + Union européenne) ceux-ci ont révélé autant d’intérêts stratégiques divergents. Dès lors, une base de négociation était nécessaire, visant à estimer une ligne directrice commune de baisse des émissions de gaz à effet de serre, d’imaginer les réponses politiques à apporter au réchauffement climatique et d’en chiffrer les coûts.

Finalement les mesures à engager pour faire face au réchauffement climatique qui n’est plus contesté curieusement, donnent encore des débats, souvent vifs sur le sujet notamment entre ceux qui combattent le réchauffement climatique et les « autres », appelés climatosceptiques qui, s’ils ne contestent pas le phénomène en tant que tel, s’opposent néanmoins toujours sur son ampleur, ses causes et ses conséquences.

Pour Alain Nonjon, en 2012 l’équation est simple : « Tant que la hausse des températures reste au-dessous de 1°C, le risque est faible pour la planète, même si quelques écosystèmes particulièrement vulnérables sont touchés ; entre 1°C et 2°C, les conséquences augmentent de manière significative et au-delà de 2°C, les risques deviennent majeurs et peuvent partiellement donner lieu à de grandes extinctions et modifications dramatiques des écosystèmes ».

L’étude des implications du changement climatique en termes de sécurité et de défense est relativement récente. Les Allemands et les Britanniques ont été parmi les premiers à se saisir de cette problématique et œuvrent, non sans mal depuis plusieurs années, à sa prise en compte effective sur la scène européenne et internationale.

Quand bien même ces bouleversements seraient pour partie hypothétiques, il faut les anticiper par des objectifs de projets clairement élaborés intégrants des stratégies globales, aussi multiples que diverses et plus complexes soient-elles à l’instar de celles pour prévenir les conséquences sociétales, économiques.

L’association 1% pour ma Terre, a choisi la combinaison « expatriés environnementaux » plutôt que réfugiés déplacés ou réfugiés environnementaux.

Les scénarios RCP 1 (pour Representative Concentration Pathway) sont quatre scénarios relatifs à l’évolution de la concentration en gaz à effet de serre au cours du XXIe siècle, établis par le Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour son cinquième rapport, AR5 (Assessment Report)

Un scénario RCP permet de modéliser le climat futur. Dans l’AR5, sur la base de quatre hypothèses différentes concernant la quantité de gaz à effet de serre qui sera émise dans les années à venir (période 2000-2100), chaque scénario RCP donne une variante jugée probable du climat qui résultera du niveau d’émission choisi comme hypothèse de travail. Les quatre scénarios sont nommés d’après la gamme de forçage radiatif ainsi obtenue pour l’année 2100 :

le scénario RCP2.6 correspond à un forçage de +2,6 W/m2,

le scénario RCP4.5 de même que les scénarios RCP6 et RCP8.5 correspondent à +4,5 W/m2.

 

W/m2 =. Watts par mètre carré :

est l’unité du système international de densité surfacique de puissance. Définie, en un point de cette surface, la densité de flux thermique ou flux thermique surfacique ou densité surfacique de flux thermique, ou encore densité de flux de chaleur – est le flux thermique par unité de surface.

Le terme forçage radiatif est employé par le GIEC avec le sens spécifique d’une perturbation du bilan radiatif du système climatique de la Terre. Sa définition est donnée dans le document « Extrait du rapport accepté par le groupe de travail I, questions fréquentes », p. 107 (FAQ 2.1, encadré 1):

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *