Actu « Janvier-Février » 2017

Leonardo SFERRAZZA, Président fondateur

La transition énergétique : vers une production décentralisée

La transition énergétique en faveur des EnR est une priorité planétaire…

La sécurité de l’approvisionnement énergétique passe par la transition énergétique en faveur des énergies renouvelables. Cette transition est urgente et nécessaire pour une indépendance énergétique viable, vivable et équitable.

Alors que les ressources naturelles dites fossiles s’épuisent, les énergies renouvelables sont disponibles et inépuisables.

La France aggrave son retard dans les énergies renouvelables.

La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) publiée au Journal Officiel du 18 août 2015, ainsi que les plans d’action qui l’accompagnent est une loi « d’action et de mobilisation » qui engage le pays tout entier : citoyens, entreprises, territoires, pouvoirs publics.

Elle « doit » permettre à la France de renforcer son indépendance énergétique, de réduire ses émissions de gaz à effets de serre et « donner à tous » des outils concrets pour accélérer la croissance verte. Elle contribue à lutter contre le dérèglement climatique et à la préservation de l’environnement, tout en offrant à ses entreprises et ses citoyens l’accès à l’énergie à un coût compétitif.

En ouverture de la 4ème Conférence environnementale le 25 avril 2016, Ségolène Royal avait annoncé la publication de l’arrêté fixant la programmation pluriannuelle des énergies renouvelables ; l’objectif étant d’augmenter de 50% la capacité installée des énergies renouvelables d’ici 2023.

Sur la base des chiffres de 2015, les objectifs pour 2020 de passer à 23 % d’EnR dans sa consommation finale d’énergie ne sera pas atteints, elle se situe seulement à 14%. La France est et reste très en retard sur ses objectifs.  En réalité « L’excellence environnementale »,  affichée en août 2015 par la ministre de l’écologie, Ségolène Royale, est passée au  vert délavé en matière d’EnR.  Le « paquet énergie-climat » adopté en 2008 apparaît donc comme une mission impossible.

Pourquoi la transition énergétique est ralentie ?

La rapide diminution des réserves de pétrole, le réchauffement climatique et le coût prohibitif des 65 milliards d’euros d’énergies fossiles importées chaque année sont trois raisons majeures pour accélérer la transition énergétique.

C’est lors du premier choc pétrolier dans les années 70 que les premiers soutiens gouvernementaux au développement de l’énergie solaire ont été lancés. En réalité, l’application industrielle à grande échelle n’a jamais été effective du fait de la baisse des prix des énergies fossiles et l’abondance de l’énergie nucléaire qui ont ralenti son développement. Ainsi, le solaire photovoltaïque s’est-il trouvé confiné à l’alimentation en électricité pour les sites isolés (relais téléphoniques, balises, refuges, etc…).

 L’état aux abonnés absents

Répartition du capital social de EDF au 31 décembre 2016 :

 

 

Le cas de NEXCIS

Alors que l’Etat parle beaucoup de transition énergétique, ce choix de lâcher Nexcis le renvoie à ses propres « contradictions majeures ! ».

Nexcis, une filiale d’EDF spécialisée dans la recherche en énergie photovoltaïque, implantée près d’Aix-en-Provence, a développé une technologie innovante très prometteuse avec des rendements très satisfaisants. Elle consiste à équiper les fenêtres des bâtiments d’un filtre photovoltaïque qui permet de produire de l’électricité. De quoi rendre les bâtiments plus autonomes et favoriser l’essor des énergies renouvelables. L’invention n’attend plus qu’à être commercialisée, avec la perspective d’améliorer la sobriété et l’autonomie énergétique des bâtiments qui en seront équipés.

La technologie BIPV a été finalisée en novembre 2014. Pour ses recherches, Nexcis est lancée conjointement en 2009 par EDF et l’Institut de recherche et développement pour l’énergie photovoltaïque (Irdep). Nexcis a bénéficié d’un investissement de 75 millions d’euros, dont un tiers d’aides publiques. 17 brevets ont été déposés.

Dans un flou total, EDF a décidé de cesser l’activité de sa filiale, Nexcis, qui a mis au point le procédé.

Définition BIPV

Le terme BIPV pour « Building Integrated Photovoltaics » désigne les installations photovoltaïques se substituant aux éléments de construction traditionnels des maisons et immeubles.

Le BIPV se réfère à l’utilisation de matériaux actifs de production d’électricité photovoltaïque qui remplissent une fonction constructive.

Par élément constructif, on entend :

  • les composants de l’enveloppe du bâtiment (revêtements en toiture et en façades, vitrages, mur-rideau, bardage, allèges)
  • les protections solaires (brise-soleils)
  • les éléments architectoniques «accessoires» (marquises, garde-corps)
  • tout autre élément d’architecture nécessaire pour le bon fonctionnement du bâtiment (protection visuelle et acoustique)

Autres paradoxes : l’éolien

Les éoliennes terrestres font l’objet de contestations incessantes de la part de personnes vivant à proximité de leur implantation, ce qui rend leur mise en service difficile.

C’est pour cette raison que l’état s’est lancé  dans le développement des éoliennes en mer, malgré leur coût prohibitif, car le prix de revient de l’électricité produite par les éoliennes terrestres est de 5,97 centimes d’euro par kWh. En revanche, le prix de l’électricité produite par les éoliennes offshore est plutôt de 15 centimes d’euro par kWh.

Le prix de l’électricité éolienne est au même niveau que le prix de l’électricité nucléaire et fossile (5,97 centimes par kWh).

Ce prix ne pourra pas chuter énormément puisque les éoliennes sont déjà produites à grande échelle et qu’il y a une limite à la baisse des prix de production de l’électricité. Le nombre d’heures de travail, le coût des matières premières (acier, métaux rares) sont incompressibles.

Les limites du système énergétique centralisé

Le rapport de la Cour des Comptes sur les coûts du nucléaire prévoit une hausse de 20% du coût de production dans les trois prochaines années, tandis que le rapport de l’enquête parlementaire sur le nucléaire craint une explosion des coûts liée au programme d’investissement d’EDF pour prolonger la durée de vie des réacteurs au-delà de 40 ans.

Alors que les capacités ont augmenté de 900 MW au début des années 1990 à presque 1,6 GW pour le futur EPR, les coûts d’investissement ont suivi la même tendance. Le cas du nucléaire est particulièrement représentatif et les raisons sont multiples :

les coûts de construction augmentent avec la complexité des technologies.

les coûts de construction des lignes de transport à très haute tension pour transporter l’électricité générée sont croissants à mesure que leur acceptabilité sociale diminue

les coûts de sécurité  explosent pour parer les risques humains et environnementaux

Par conséquent, les courbes d’apprentissage et les économies d’échelle attendues ne se sont pas au rendez-vous, bien au contraire, chaque centrale est plus chère que la précédente.

La théorie des économies d’échelle, qui veut que la construction de centrales toujours plus grandes fasse baisser les coûts de production de chaque kilowatt-heure,  est utopique et rattrapée par la réalité.

Une vingtaine de sites de production alimente quotidiennement en électricité l’ensemble de la population française. C’est un modèle architectural d’une énergétique centralisée, c’est-à-dire au sein de laquelle les flux d’énergie sont dirigés d’un « centre » de production vers des « périphéries » de consommation (distribution).

Aujourd’hui, la production d’énergie décentralisée reste une part marginale et  approvisionne en électricité les régions isolées ou les sites stratégiques.

De l’énergie centralisée vers une énergie décentralisée

Une des caractéristiques de la transition énergétique réside donc dans la production d’énergie renouvelable décentralisée.

Les deux raisons qui favorisent la production d’énergie décentralisée

La lutte contre le changement climatique permet la maturation technologique des EnR.

En 2050, l’ensemble de la production électrique en Europe doit être décarbonée. Afin de les accompagner vers la rentabilité économique, les États Membres ont donc créé un régime de soutien financier pour accélérer les nouvelles formes de technologies de production « vertes ».

L’ouverture des marchés de l’électricité pour le développement de la production décentralisée.

La séparation entre les activités de production, transport, distribution, fourniture et leur ouverture à la concurrence remodèlent un système énergétique plus ouvert et plus dynamique.

La maîtrise de la demande d’énergie en rapprochant la production du consommateur

La loi du 10 février 2002 met un terme au monopole de production et autorise les personnes morales (au départ uniquement les autorités concédantes) comme les particuliers à produire de l’énergie. Aujourd’hui, un nombre croissant de consommateurs précurseurs deviennent producteurs grâce à des panneaux solaires ou des sondes géothermiques et les rend indépendants de leur approvisionnement en énergie électrique.

L’énergie du soleil

Même si le soleil est source d’énergie avec un potentiel énorme, seule une petite partie de son énergie est aujourd’hui utilisée. Le photovoltaïque est l’énergie renouvelable exploitable depuis toutes les parties de la terre.

La technologie photovoltaïque est déjà présente dans notre vie quotidienne. L’impact est même  positif, comme par exemple lorsqu’elle est intégrée à l’édifice et qu’il en rejette une partie dans le réseau.

En conclusion, il faut savoir que le soleil irradie quotidiennement sur la terre environ 10 000 fois plus d’énergie que l’humanité n’en consomme en une année. En d’autres termes, en moins d’une heure, le soleil irradie sur terre l’énergie que la population de la planète consomme en une année.